Des noms pour Dieu

Département : Sarment
Collection : Hors collection
12.50 

Dans la révélation biblique, Dieu se nomme lui-même, non sans réticence et en préservant son mystère. C'est donc Lui qui prend l'initiative de la relation, annexant à son identité des sentiments comme ""tendresse, pitié, amour, fidélité"". La foi d'Israël recueille ce vocabulaire.

Quand deux êtres se rencontrent, ils commencent par décliner leur nom : c'est pour eux un moyen de s'identifier, de s'appeler, de s'aimer. Les religions n'ont pu faire autrement que d'assigner un vocable à celui qu'elles adorent : elles ont adopté un substantif pour l'invoquer et des adjectifs pour louer ses grandeurs. Mais les mystiques savent bien que les mots ne peuvent emprisonner l'Absolu : ils n'hésitent pas à recourir au paradoxe pour corriger une affirmation par son contraire. Ils savent aussi le prix du silence. Dans la révélation biblique, Dieu se nomme lui-même, non sans réticence et en préservant son mystère. C'est donc Lui qui prend l'initiative de la relation, annexant à son identité des sentiments comme ""tendresse, pitié, amour, fidélité"". La foi d'Israël recueille ce vocabulaire qu'elle traite avec une infinie révérence. L'Evangile de Jésus entre dans la foulée, apportant toutefois des problèmes inédits, notamment celui du chiffre trinitaire. Les premiers penseurs chrétiens ont autant de difficultés avec le monothéisme qu'avec le polythéisme. Quand ils ont mis au point une terminologie acceptable pour harmoniser le pluriel et le singulier, ils s'affrontent à la question ptus fondamentale des ""Noms divins"", que la révélation chrétienne conduit à son paroxysme. Serions-nous en train d'exhumer une momie ? Non certes, car les athées les plus modernes s'intéressent vivement à ce problème : dire Dieu, ne serait-ce pas, somme toute, dire l'homme au moyen d'un futile et pernicieux détour par un ciel vide ? D'ailleurs, quelle différence entre l'idole et l'attribut divin, même sublime ? Scrupule confessionnel ? Pas davantage, car l'Islam ne cesse de reposer lui aussi le problème des perfections de Dieu, murmurant sur son chapelet les 99 noms qui s'abîment dans l'indicible.